Wikia Dictionnaire simple
Advertisement

Le politiquement correct (en abrégé PC ) désigne une manière de s’exprimer. On remplace le terme exact par une circonlocution neutre pour gommer les différences ; il s’agit de faire disparaître de la langue les réalités qui fâchent. Les propos ne doivent plus faire mention d’une différence qui pourrait heurter parce que discriminatoire. Sont particulièrement concernées les différences de sexe, d’ethnie, de couleur, de religion, de classe sociale (riches/ pauvres), les infirmités et les goûts sexuels.

Réclame 1.png

L’auditeur ou le lecteur ne doit plus pouvoir sentir un préjugé dans la façon de désigner un être humain.[1]

◊ La décadence, ce ne sont ni les orgies romaines ni « L’Île de la tentation »; ce sont les gens qui n’ont pas le courage de vivre, qui réclament qu’on les anesthésie, sans se rendre compte qu’en réalité ils s’euthanasient. Le politiquement correct et la bien-pensance, c’est la normalisation du langage et des idées, la mollesse qui garantirait une société harmonieuse et heureuse. Mais le manque de courage aseptise au contraire la vie sociale, neutralise les sentiments, et rend finalement la vie grisâtre, stagnante, morbide et sans nerf,  désarmée contre le danger réel.

Politiquement correct, l’opéra contaminé aussi :[]

◊ Le Met présente actuellement une reprise de l'Italiana in Algeri  [L’Italienne à Alger] de Rossini, dans la mise en scène bien connue de Jean-Pierre Ponnelle. Aux yeux des Américains, non seulement l'opéra n'est pas PC parce que trop euro-centrique, mais la mise en scène "exotique" de Ponnelle est quasiment raciste. La solution? Une mise en scène qui éviterait le racisme euro-centrique, en proposant une lecture PC du libretto. Par exemple, une idée que quelqu'un suggère: les femmes musulmanes de la cour de Mustafa pourraient s'organiser et se révolter contre celui-ci, en faisant un coup d'État à la fin de l'opéra. Peu importe si cela projette sur le libretto une mentalité américano-centrique qui irait à l'encontre des traditions musulmanes. L'essentiel c'est qu'une telle approche procurerait à ceux qui la préconisent, le sentiment d'avoir évité tout propos raciste, en effaçant toute différence entre les cultures et les mentalités. Cet effacement des différences se ferait dans le sens de l'adoption par tous de la mentalité américaine, cela va de soi...  — (Basta Roberti)

◊ On se rappelle la polémique récente suscitée par la décision de ne pas noircir le visage d'Otello lors des dernières représentations données au Met. Cette fois, c'est un autre opéra de Verdi, Aida, qui fait débat dans le monde anglophone, où le politiquement correct n'en finit pas de triompher dans ses manifestations les plus absurdes. À cause d'une invraisemblable controverse, le Music Theatre de l'université de Bristol vient d'être contraint d'annuler les représentations prévues pour le printemps 2017. Cette décision n'est pourtant pas liée à la témérité d'étudiants britanniques qui auraient voulu se colleter avec quelques-uns des rôles les plus lourds du répertoire lyrique, puisqu'il n'était question que du musical conçu par Elton John et Tim Rice d'après Aida. Non, l'annulation est liée aux protestations d'autres étudiants qui dénoncent un cas scandaleux d' « appropriation culturelle ». Comment ne pas s'indigner, indeed, en apprenant que des étudiants blancs allaient oser interpréter le rôle d'Égyptiens et de Nubiens ? On espère que ce genre de censure n'est pas près d'atteindre les plus grandes maisons d'opéra, mais le pire n'est jamais sûr... — (Laurent Bury)

>Le pire n'est toutefois pas qu'ils aient dénoncé ce qui à leurs yeux était un scandale, mais bien qu'on ait pu leur donner raison. Pire encore: on a admis qu'il pouvait, et partant de là,

qu'il devait y avoir des barrières entre les cultures. Et après cela, on ne doit plus s'étonner de voir la haine tout envahir...

>Les mêmes qui s'offusquent d'un Otello blanc sont sans doute ceux qui ne voient plus Giulio Cesare qu'en dictateur nazi...et qui veulent un James Bond noir !

>Je m'y perds un peu : je trouve ridicule de ne pas noircir Otello, je ne vois nullement un dictateur nazi en César, quant à Bond noir je laisse l'idée à ces étudiants incultes (encore que vu l'immensité de l'empire britannique d'alors ...)

>Quand le relativisme culturel rend fou !

  1. anglicisme de politically correct ou political correctness, souvent noté PC en anglais.

Politiquement correct se dit d'un discours visant à bannir dans le langage, toute expression qui pourrait blesser des personnes minoritaires sur un territoire donné, en pouvant faire supposer que leur différence visible est une infériorité en soi, et qu'elle les prive d'une légitime considération. (Encyclopédie universelle)

<> 27/11/2016