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Jésus-la-Caille est le premier roman de Francis Carco, publié en 1914 chez Albin Michel. Il est ressorti en 1920 sous une forme augmentée, ajoutant au texte original une suite, Les Malheurs de Fernande (1918).

Jésus-la-Caille poche.jpg

Résumé

Paris, entre 1910 et 1913, Jésus-la-Caille, petit gigolo de Montmartre, quartier chaud de Paris, vient de perdre la protection de son amant Bambou, « poissé » par les « bourres ». Qui a balancé Bambou ? Ce pourrait bien être Pépé-la-Vache, dont on ne connaît pas bien les moyens d’existence.

Seul et désemparé par cette mésaventure, l'élégant jésus s'entiche de Fernande, une prostituée protégée par Dominique «le Corse». Mais Fernande est aussi convoitée par Pépé-la-Vache, qui dénonce le Corse, à l'occasion d'un cambriolage. Le Corse une fois évincé, Jésus-la-Caille, qui n'a pas oublié Bambou, subit les avances de Fernande, au grand dam de Pépé. Mais cela ne va pas bien loin, et Pépé parvient bientôt à ses fins. Il garde pour lui Fernande à Belleville, jusqu'au moment où Fernande comprend que son homme est un indicateur.

De retour à Montmartre, rue Lepic, Fernande reprend son activité, mais avec beaucoup moins de succès. Déçue, elle veut se consoler avec Jésus-la-Caille, mais Pépé la reprend de force. Jusqu'au moment où le Corse sort de prison, et règle ses comptes à sa façon.

Commentaire

Le roman de Francis Carco, dédié à Léopold Marchand, est une plongée dans le Paris interlope des années 1900-1910, dans les quartiers populaires où l'on vit de la prostitution et du crime. L'insécurité est grande pour les promeneurs, dans un monde de bars, de gargotes et d'hôtels crasseux. Dans un lacis de rues mal éclairées, les becs de gaz blafards percent à peine un brouillard propice aux mauvais coups. Le lecteur évolue au fil des pages, dans un univers trouble, où voyous, indics, tenanciers et police des mœurs font bon ménage.[1]

Sorti très peu de temps avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le premier roman de Francis Carco reçoit un accueil médiocre de la part de la critique. Néanmoins, il devient rapidement un succès de librairie. Le milieu décrit, la langue verte employée par l'auteur et le succès de la formule auprès du public bourgeois, inspireront Céline et à la suite de ce dernier, les écrivains populistes à grand tirage.

Éditions

  • Jésus-la-Caille, éditions Albin Michel, 1914.
  • Jésus-la-Caille, Ronald Davis & Cie, 1920. Première édition complète à trois livres.
  • Jésus-la-Caille, Le Livre de poche, no 310, 1980.
  • Jésus la Caille  dans l'édition des romans de Francis Carco par Jean-Jacques Bedu et Gilles Freyssinet, Éditions Robert Laffont/Bouquins, 2004. Contient: Jésus-la-Caille, Les Innocents, L'Équipe, Rien qu'une femme, L'Homme traqué, Verotchka l'Étrangère ou Le goût du malheur, Perversité, Rue Pigalle, La Rue, L'Ombre, La Lumière noire, Brumes.

Jésus-la-Caille a été traduit en allemand au début des années 1920 par l'écrivain autrichien Fred Antoine Angermayer., sous le titre Jesus Schnepfe. Une nouvelle traduction en allemand a été faite en 2002 par Hans Thill. L'ouvrage a également été traduit en anglais en 1939 par Pierre Devaux.

Adaptations Le roman de Francis Carco a connu plusieurs adaptations :

  • 1952 : Jésus la Caille, adaptation pour le théâtre, mise en scène par Pierre Valde, au théâtre des Célestins, au théâtre Gramont, au  théâtre Antoine.
  • 1955 : M'sieur la Caille, film français réalisé par André Pergament.
  • 2004 : Jésus la Caille, adaptation pour le théâtre mise en scène par Jacques Darcy, à l'Espace Cardin.

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  1. Lire aussi : Les « jésus » par François Carlier (1887).



<> 27/11/2015