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002  – abêtissement

ABÊTISSEMENT. s. m. Fait de rendre quelqu’un bête. L’abêtissement des populations par l’alcool, la télévision, les dévotions excessives.

AB HOC ET AB HÂC (On fait sentir le T d’ET.) *  loc. adv. et fam. empruntée du latin. Confusément, sans ordre, sans raison. Il ne sait ce qu’il dit ; il parle, il raisonne ab hoc et ab hac.

ABHORRER. v. act. (On prononce les deux R.) Avoir en horreur. Les honnêtes gens abhorrent les fripons. L’Église  abhorre le sang. Abhorré, ée. participe. Le tyran est abhorré de ses sujets.

ABIGÉAT. s. m. Vol de troupeaux.

ABÎME. s. m. Gouffre très profond. Horrible abîme, effroyable abîme. Par un tremblement de terre, il s’est fait là un abîme. Ne vous baignez pas en tel endroit de la rivière, il y a un abîme. Il est tombé dans un abîme. Abîme, dans le langage de l’Écriture,  signifie quelquefois l’Enfer. Les Anges rebelles ont été précipités dans l’abîme. Les puits de l’abîme. On dit figurément, Un abîme de malheur,  un abîme de misère, pour dire, Un extrême malheur, une extrême misère.  Il est tombé dans un abîme de malheur,  dans un abîme de misère. Abîme, se dit aussi figurément, Des choses qui engagent à une excessive dépense, et qui sont capables de ruiner.  Le jeu, les procès, les bâtiments sont des abîmes. Il se dit aussi figurément Des choses qui sont impénétrables à la raison. La divisibilité de la matière à l’infini est un abîme pour l’esprit humain. Il se dit aussi figurément Des sciences  difficiles, et qui demandent une très grande étude. La Métaphysique est un abîme. On dit familièrement et populairement d’un mets qui consume une grande quantité de sucre ou d’autre chose, C’est un abîme de sucre, etc.Il se dit encore particulièrement Des secrets et des jugements de Dieu. Les abîmes de la sagesse, de la miséricorde de Dieu. On dit d’un homme très savant, que C’est un abîme de science. Abîme, se dit en termes de Blason, Du milieu de l’écu; et il n’est d’usage qu’en cette phrase, En abîme. Ainsi on dit d’Une pièce qui est posée au milieu de l’écu sans être chargée d’aucune autre  pièce, et sans toucher à aucune autre pièce de l’écu, qu’Elle est en abîme. Il porte d’azur à une fleur−de−lis d’or en abîme. ABÎMER. v. a. Renverser, précipiter  dans un abîme, Les cinq Villes que Dieu abîma. Il signifie figurément, Perdre, ruiner  entièrement. Cet homme est puissant et vindicatif, il vous abîmera. Cette affaire l’a abîmé. Des dépenses excessives l’ont abîmé. Prenez garde à cette porte qu’on vient de peindre, elle abîmera votre habit. Abîmer. v. neutre. Tomber dans un abîme. Cette Ville abîma en une nuit. Il signifie figurément, Périr. C’est un méchant homme, il abîmera avec tout son bien. Toute sa fortune abîmera quelque jour. Abîmer, se dit aussi au figuré avec le pronom personnel; et alors il signifie,  S’abandonner tellement à quelque chose, qu’on ne songe à aucune autre.  S’abîmer dans ses pensées. S’abîmer dans la contemplation des merveilles de Dieu. S’abîmer dans l’étude. S’abîmer dans sa douleur. S’abîmer dans la débauche.  S’abîmer dans les plaisirs. Il signifie aussi, Se ruiner, se perdre. Il s’est abîmé par son luxe, par ses débauches. Abîmé, ée. participe. Une Ville abîmée  par un tremblement de terre. Un homme abîmé dans la mer. On dit figurément: Une femme abîmée dans sa douleur.  Un homme abîmé de dettes. Ce meuble  est abîmé de taches.

ABJECT, ECTE. adject. (On prononce  le C en K.) Méprisable, bas, vil, dont on ne fait nulle estime. Un homme vil et abject. Un esprit abject. Une créature abjecte. Une physionomie abjecte. Des emplois, des usages vils et abjects. Des sentiments abjects.

ABJECTION. s. f. Abaissement, état de mépris où est une personne. Il est tombé dans une telle abjection, que…. Vivre dans l’abjection. Il signifie  aussi, bassesse méprisable. L’abjection  de ses sentiments et de ses mœurs. Il signifie aussi rebut, en cette phrase de l’Écriture Sainte, L’opprobre des hommes, et l’abjection du peuple.

ABJURATION. s. f. Action par laquelle  on renonce à une fausse Religion.  Il se dit en parlant De celui qui abjure, et de la chose qu’il abjure. Abjuration publique, solennelle. Il fit son abjuration entre les mains de l’Évêque.  Abjuration de l’hérésie. Recevoir l’abjuration de quelqu’un. Depuis son abjuration.

ABJURER. v. a. Renoncer à une fausse Religion, ou à une mauvaise Doctrine par serment et acte public. Abjurer son erreur. Abjurer le Judaïsme. On le met quelquefois absolument. Il a abjuré dans l’Église de Notre−Dame. Depuis qu’il eut abjuré entre les mains d’un tel Évêque. Il s’emploie aussi figurément, pour dire simplement, Renoncer à. Abjurer une opinion, un sentiment. Il a abjuré Aristote, Descartes, pour, Il a abjuré la Doctrine d’Aristote, de Descartes. Abjuré, ée. participe.

ABLATIF. s. m. Terme de Grammaire. Le sixième cas dans la Langue latine. Ablatif singulier. Ablatif pluriel, Ce verbe régit l’ablatif.

ABLATIVO. Terme adverbial et populaire, qui ne s’emploie que dans cette phrase, Ablativo tout en un tas, pour dire, Tout ensemble, avec confusion  et désordre. Il a mis cela ablativo  tout en un tas.

ABLE ou ABLETTE. s. mas. Petit poisson plat et mince, qui a le dos vert et le ventre blanc.

ABLERET. s. m. Espèce de filet carré attaché au bout d’une perche, avec lequel on pêche des Ables et autres petits poissons. ABLUER. v. a. Laver. Il est vieux en ce sens. Il signifie ordinairement, Passer légèrement une liqueur préparée  avec de la noix de galle sur du parchemin ou du papier, pour faire revivre l’écriture. Ablué, ée. participe. Lavé, effacé. Il est vieux. Cependant on peut dire dans le style de la Chaire, Nos péchés peuvent être ablués par le repentir et les bonnes œuvres.

ABLUTION. s. f. Action d’abluer. Ce mot est particulièrement consacre aux cérémonies de la Messe. Il signifie  Le vin que le Prêtre prend après la communion, et le vin et l’eau que l’on verse sur ses doigts et dans le calice après qu’il a communié. Avant l’ablution.  Après l’ablution. Quand le Prêtre prend l’ablution.

ABNÉGATION. s. fém. Terme de dévotion qui n’est guère en usage qu’en cette phrase, L’abnégation de soi-même,  pour dire, Le renoncement à soi-même, et le détachement de tout ce qui n’a point de rapport à Dieu.

ABOI. s. m. Bruit que fait le chien en aboyant. L’aboi de ce chien est fort importun. Abois, au pluriel, se dit proprement De l’extrémité où le cerf est réduit quand il est sur ses fins. Le cerf est aux abois, tient les abois. On dit figurément d’une personne qui se meurt, qu’Elle est aux abois. On le dit aussi d’une place qui ne peut plus se défendre.

ABOIEMENT . s. m. (On prononce Aboîment, et quelques−uns l’écrivent.) Aboi, cri du chien. L’aboiement d’un chien. De longs aboiements.

ABOLIR. v. act. Annuler, mettre hors d’usage, mettre à néant. Il n’appartient  qu’à ceux qui font les Lois de les abolir. Les nouvelles coutumes ont aboli les anciennes. Le Roi a aboli les duels. Le non−usage a aboli peu à peu cette Loi trop sévère. Cette Loi a été abolie  par le fait, sans être formellement révoquée. Abolir un crime, se dit Lorsque le Prince, par des Lettres qu’il donne,  remet d’autorité absolue la peine d’un crime qui, par les Ordonnances, n’est pas rémissible. S’abolir. v. pron. Cette coutume s’est abolie d’elle−même. C’était une ancienne pratique, qui s’est abolie. On dit, que Tout crime s’abolit au bout d’un certain nombre d’années, pour dire, qu’alors cesse le droit. Aboli, ie. participe. Loi abolie. Crime aboli.

ABOLISSEMENT. s. m. Action d’abolir. L’abolissement des anciens usages  parlementaires.

ABOLITION . s. f. Anéantissement, extinction opérée par un acte de la volonté législative. Il se dit principalement  en parlant Des Lois et des Coutumes. L’abolition des cérémonies de l’ancienne Loi. Abolition d’une Loi. Abolition  d’un culte superstitieux. L’entière abolition de l’Ordre des Templiers. Abolition, signifie aussi, Le pardon  que le Prince accorde d’autorité absolue, pour un crime qui, par les Ordonnances, n’est pas rémissible. Lettres d’abolition. Abolition générale. Prendre, obtenir une abolition. Il a eu son abolition. Le Parlement a entériné son abolition. On appelle, en termes de Pratique, Porteur d’abolition, Celui qui a obtenu une abolition.

ABOMINABLE. adj. des 2 genres. Exécrable, détestable, qui est en horreur.  Crime abominable. Un homme abominable. Il se dit par exagération, De tout ce qui est très−mauvais en son genre. Cette Comédie, cette musique est abominable.  Cela a un goût abominable. Une odeur abominable.

ABOMINABLEMENT. adv. D’une manière abominable. Il se conduit abominablement. Il se dit aussi très souvent par exagération.  Il chante, il écrit abominablement,  abominablement mal.

ABOMINATION . s. f. Détestation, exécration. Avoir en abomination. Il est en abomination à tous les gens de bien. Il se dit aussi De ce qui est l’objet de l’abomination. Cet homme est l’abomination  de tout le monde. Il signifie aussi, Action abominable. Ce crime est une des grandes abominations qu’on puisse imaginer. Commettre des abominations On dit, Les abominations des Gentils, pour, Le culte idolâtre des Gentils. Abomination de la désolation, phrase tirée de l’Écriture Sainte. On s’en sert pour exprimer les plus grands excès de l’impiété, la plus grande profanation.

ABONDAMMENT . adv. En abondance.  Il ne doit plus souhaiter de biens, il en a abondamment. Cela est abondamment  expliqué, abondamment démontré dans plusieurs livres.

ABONDANCE. s. f. Grande quantité.  Abondance de tout. Abondance de biens. Pays d’abondance. En grande abondance.  Avec abondance. Être dans l’abondance.  Avoir abondance de toutes choses. On dit proverbialement, De l’abondance  du cœur la bouche parle, pour dire, qu’On ne peut s’empêcher de parler des choses dont le cœur est plein. Et on dit familièrement, Parler  d’abondance, pour dire, Parler sur le  − champ et sans préparation; et, Parler avec abondance, pour, Être fertile  en pensées, en expressions, en tournures. On appelle Corne d’abondance, Une corne remplie de fruits et de fleurs, qui est le symbole ordinaire de l’abondance.  Selon quelques Mythologues, la Corne d’abondance est celle qu’Hercule arracha à Achéloüs changé en taureau. Selon d’autres, la Corne d’abondance est la corne de la chèvre Amalthée, qui avait nourri Jupiter.

ABONDANT, ANTE. adject. Qui abonde. Pays abondant en toutes sortes de biens. Maison abondante en richesses. Il est abondant en paroles, en comparaisons.  On ne dirait pas sans régime, C’est un Auteur abondant. On dit Récolte  abondante, pour, Grande récolte.

ABONDER . v. n. Avoir en grande quantité. Abonder en richesses. Abonder en toutes choses. Cette maison abonde en biens. Cette Province abonde en blés, en vins, en soldats, en gens d’esprit. Il signifie aussi, Être en grande quantité. Le bien abonde en cette maison. Toutes choses y abondent. On dit en Jurisprudence, que Ce qui abonde, ne vicie pas, ou ne nuit pas, pour dire, qu’Une raison ou un droit de plus ne peut nuire dans une affaire. On dit figurément, Abonder en son sens, pour dire, Être fort attaché à son opinion.

ABONNEMENT . s. m. Convention ou marché qui se fait à un prix fixe, pour une chose dont le produit est casuel.  Faire un abonnement. Faire un abonnement  avantageux. Payer par abonnement.  Proposer un journal par abonnement.  Établir un concert public par abonnement.  Recevoir des abonnements à un spectacle. Dans ce sens on dit, Donner une représentation avec abonnement suspendu,  Lorsque les abonnés sont obligés  de payer leurs places comme le public.

ABONNER, S’ABONNER. v. pron. Composer à un prix certain d’une chose casuelle, et dont le produit n’est pas fixe. S’abonner avec un Curé pour les dîmes. Un Cabaretier qui s’est abonné avec les Fermiers des Aides. On l’emploie  quelquefois activement. On a abonné cette Province à telle somme. S’abonner à un Journal, à un Spectacle, à un Concert. Abonné, ée. participe. Celui qui a pris un abonnement pour un Journal, un Spectacle. On m’a abonné à tel Journal.  Je me suis abonné au Concert. Il s’emploie aussi substantivement. Ce Journal a beaucoup d’abonnés. Je suis un des abonnés du Concert. C’est aussi un terme de Fief, qui signifie, Évalué. Ainsi on dit, Un cheval  de service abonné à tant, pour, Évalué à tant.

ABONNIR . v. act. Rendre bon, rendre meilleur. Les caves fraîches abonnissent  le vin. Il est aussi neutre, et signifie, Devenir  meilleur. C’est un vieux pécheur, il n’abonnit point en vieillissant. Il est familier. Il est encore pronominal. Ce vin−là s’abonnira dans la cave avec le temps. Abonni, ie. participe.

ABORD. s. m. Accès. Il se dit proprement Des ports où les vaisseaux  peuvent mouiller. Ce port est de facile abord, est de difficile abord. Il se dit aussi De l’action d’aborder à une côte, dans un port. Nous avons tenté l’abord inutilement. Il se dit aussi figurément en parlant Des personnes qu’on aborde; comme, L’abord de cette personne est fort difficile. Cette personne a l’abord facile, gracieux. Cet homme a l’abord rude, fâcheux. Craindre l’abord de quelqu’un. Abord doux, engageant. Leur abord a été fort froid. Je lui ai dit cela dès l’abord, c’est−à−dire, En l’abordant, avant toutes choses. Il me parut froid à l’abord; mais dans la suite je le trouvai très honnête. On dit aussi dans le même sens, Il me parut tel du premier abord; et familièrement,  De prime abord. Il signifie encore, Une affluence ou de personnes, ou de choses, qui arrivent et que l’on apporte en chaque lieu. Il y a un si grand abord de monde en cette maison, en cette Ville. Il y a un abord de toutes sortes de marchandises et de denrées. d’Abord. Expression adverbiale. Dès le premier instant, au commencement,  premièrement. D’abord il semble  que cela soit vrai. D’abord j’ai été trompé. Tout d’abord, se dit au même sens, et cela rend l’expression un peu plus forte.

ABORDABLE. adj. des 2 g. Qu’on peut aborder. Cette côte n’est pas abordable,  à cause des écueils. On dit figurément, qu’un homme est très abordable, n’est pas abordable, pour, qu’il est de très facile, de très difficile accès.

ABORDAGE. subst. masc. L’action d’aborder un vaisseau. Aller à l’abordage.  Il se dit ordinairement en parlant  Des combats de mer. Prendre un vaisseau par abordage, à l’abordage. La nouvelle construction des vaisseaux a rendu  l’abordage presque impossible. Il se dit aussi du heurt de deux vaisseaux  qui viennent à tomber l’un sur l’autre. Dans les tempêtes il n’y a rien de plus à craindre que l’abordage. Les vaisseaux portent des feux la nuit pour éviter les abordages.

ABORDER. v. neutre. Aller à bord, prendre terre. (Il prend Être ou Avoir aux temps composés.) Le vent était si fort que nous ne pûmes aborder. Aborder à la côte. Aborder au rivage. Nous avons abordé. Aborder dans une île. Nous sommes abordés. Aborder, dans l’acception d’Approcher,  se dit aussi avec la préposition De. On ne saurait aborder de cette Église, tant elle est pleine de monde. Aborder. v. a. Approcher, joindre, Aborder un vaisseau, se dit en deux sens: Aborder un vaisseau ennemi, C’est y monter par force dans un combat. On aborde aussi un vaisseau, lorsqu’un vaisseau va en heurter un autre, soit qu’il ne l’aperçoive pas dans les ténèbres,  soit qu’il y soit poussé par la force du vent ou d’un courant. Il signifie figurément, Accoster quelqu’un, approcher de quelqu’un pour lui parler. La foule était si grande auprès  de ce Ministre, que je n’ai pu l’aborder. Il se dit figurém. Du discours, pour, Traiter, discuter. Il n’a pas même abordé  la question. Ce sujet est difficile à aborder. Abordé, ée. participe.

ABORIGÈNE. adj. Qui ne vient pas d’ailleurs. Plante, animal aborigène. Population aborigène, Dont les ancêtres ont toujours vécu là. Indigène.

ABORIGÈNES. s. m. pl. Il se dit des premiers habitants, des naturels d’un pays, originaires du pays qu’ils habitent, par opposition à ceux qui sont venus s’y établir. SYN. Autochtones, indigènes, natifs du pays.

ABORNEMENT. s. masc. Action d’aborner, ou l’effet qui résulte de cette action.

ABORNER. v. a. Mettre des bornes à un terrain. Aborner un champ. Aborné, ée .  participe.

ABORTIF, IVE. adj. Avorté, qui est venu avant terme, qui n’a point acquis  la perfection, la maturité. Enfant abortif. Fruit abortif.

ABOUCHEMENT. s. m. Entrevue, conférence de deux ou de plusieurs personnes. On avait ménagé un abouchement  entre eux. L’abouchement des deux Princes n’eut pas le succès qu’on en attendait.  Il vieillit. Abouchement. Terme d’Anatomie. Rencontre des orifices de deux vaisseaux.

ABOUCHER. v. act. Faire trouver deux ou plusieurs personnes dans un lieu pour conférer ensemble. Il faut les aboucher ensemble. Il s’emploie aussi au pronominal. S’aboucher avec quelqu’un. Nous devons nous aboucher au premier jour. Ils se sont abouchés. Abouché, ée. participe. Des tuyaux abouchés l’un à l’autre, Appliqués l’un à l’autre par leurs ouvertures.

ABOULIQUE. adj. Qui est incapable de prendre une décision quelconque. Privé de volonté.

ABOUT. s. m. Terme de Charpenterie  et de Menuiserie. Il se dit en général  De l’extrémité de toute pièce de bois coupée à l’équerre et façonnée en talus.

ABOUTÉ, ÉE. adjectif. Terme de Blason. Il se dit De différentes pièces d’armoiries qui se répondent par les pointes.

ABOUTIR. v. n. (Il se conjugue sur Finir.) Toucher par un bout. Un arpent  de terre qui d’un côté aboutit au grand chemin, et de l’autre au champ d’un tel. Ce champ aboutit à un marais. Aboutir, Se dit figurément en parlant  d’une affaire, d’un raisonnement, d’une entreprise. Ainsi on dit, Tous ses desseins aboutissent à cela, pour, Tous ses desseins tendent uniquement à cela; À quoi aboutissent tous les raisonnements  que vous faites? pour, Quel dessein avez−vous en cela? Cela ne peut aboutir à rien, pour, Cela ne peut avoir aucun succès; Cela n’aboutira qu’à le perdre, pour, Cela ne se terminera qu’à sa ruine. Aboutir, se dit aussi, Des apostèmes  et des abcès, lorsqu’ils viennent  à crever, et que le pus en sort. Faire aboutir un apostème, un abcès. Un clou qui aboutit. Abouti, ie. participe.

ABOUTISSANT, ANTE. adj. *  Qui aboutit. Un arpent aboutissant à la forêt. Une pièce de terre aboutissante à *  Il s’emploie au pluriel comme substantif. Les tenants et aboutissants d’une pièce de terre, d’un héritage, Les héritages ou pièces de terre, etc., qui y sont adjacents, qui le bornent de divers côtés. En matière réelle ou mixte, les exploits doivent énoncer deux au moins des tenants et aboutissants de l’héritage litigieux. *  Fig., Savoir tous les tenants et aboutissants d’une affaire, En bien connaître toutes les circonstances et tous les détails.

ABOUTISSEMENT. s. m. *  Action d’aboutir. Il ne se dit guère que D’un abcès qui vient à crever. L’aboutissement d’un abcès. Il vieillit.

AB OVO. loc. adv. *  empruntée du latin. Dès l’origine, dès le commencement. Prendre un fait, un récit ab ovo.

ABOYANT, ANTE. adj. *  Qui aboie. Des chiens aboyants. Meute aboyante.

ABOYER. v. n. *  (Il se conjugue comme Employer.) Japper. Il ne se dit au propre que D’un chien. Un chien qui aboie à la lune. Un chien qui aboie aux voleurs. Un chien qui aboie contre tous les passants. Un chien qui aboie après tout le monde. *  Prov. et fig., Tous les chiens qui aboient ne mordent pas, Les gens qui menacent ne sont pas toujours fort redoutables. *  Prov. et fig., C’est aboyer à la lune, se dit en parlant D’un homme qui crie inutilement contre un plus puissant que lui. *  Fig. et fam., Aboyer après quelque chose, Le désirer, le poursuivre ardemment. Ils sont trois ou quatre qui aboient après cet emploi. Aboyer après une succession. Cette manière de parler vieillit. *  ABOYER, au figuré, signifie aussi, Crier après quelqu’un, le presser, le poursuivre d’une manière importune ; dire du mal, avec acharnement, d’une personne ou d’une chose. Tous ses créanciers aboient après lui. Tous les journaux, tous les critiques aboient après cet auteur, après la pièce nouvelle. *  ABOYÉ, ÉE. participe, Il n’est guère en usage qu’au figuré. Un débiteur aboyé de tous ses créanciers.

ABOYEUR. s. m. *  T. de Chasse. Chien qui aboie à la vue du sanglier, sans en approcher. *  Il s’emploie au figuré, et signifie, Celui qui désire, qui poursuit ardemment une chose. Un aboyeur d’emplois, de bénéfices. Ce sens a vieilli. *  Il signifie plus ordinairement, Celui qui fatigue par des criailleries importunes, par des injures. Ce créancier est un dangereux aboyeur. Ce critique n’est qu’un aboyeur. Un méchant aboyeur. Un aboyeur fatigant. Il est familier dans les deux acceptions.

ABRACADABRA. s. m. *  Mot auquel on attribuait anciennement des vertus magiques ; et qui, disait-on, guérissait la fièvre, lorsqu’on le portait autour du cou, écrit dans une certaine forme.

ABRAXAS. s. m. *  Pierre précieuse sur laquelle étaient gravés des caractères hiéroglyphiques, et qu’on portait comme un amulette.

ABRÉGÉ. s. m. *  Écrit, discours dans lequel on rend d’une manière courte, succincte, ce qui est ou ce qui pourrait être plus étendu, plus développé. Mézeray a fait lui-même un abrégé de sa grande Histoire de France. Le président Hénault a donné un Abrégé chronologique de l’histoire de France. Il a réduit toute cette science en abrégé. Il en a fait un abrégé. L’abrégé de l’histoire romaine. Un abrégé de physique. Indiquez-moi un bon abrégé d’astronomie. Donnez-moi un abrégé de votre affaire. Voici l’abrégé de sa vie. *  Par analogie, L’homme est un abrégé des merveilles de l’univers ; c’est un monde abrégé, L’homme réunit en lui toutes sortes de dons, de facultés admirables.

*  EN ABRÉGÉ. loc. adv. Sommairement, en peu de paroles. Contez-moi la chose en abrégé. *  Il signifie aussi, Par abréviation. Écrivez ce mot en abrégé.

ABRÉGER. v. a. *  Rendre plus court. Ses débauches abrégèrent sa vie. Les chagrins ont abrégé ses jours. La méthode qu’il a pour enseigner le latin, abrège de beaucoup le temps des études. Abréger une narration. Abrégez votre discours. Abréger un délai. J’abrègerai les délais. *  Il s’emploie quelquefois absolument. Vous êtes trop long, abrégez. Il faut abréger. Laissons ce point pour abréger. Prenez ce chemin, il abrège. *  ABRÉGER, signifie quelquefois, Faire paraître moins long. La conversation abrège le chemin. Rien n’abrège le temps comme le travail, la variété des occupations. *  ABRÉGÉ, ÉE. participe

<> 25/10/2015